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barre-toi, Père Noël |
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Écoute Père Noël, Je vais encore passer une nuit de merde, alors autant que je me défoule sur toi… Tu vois, moi, le Dino, je commence à en avoir plein le cul ! Ça fait cinquante sept ans que tu l’emmerdes, le Dino. Ça fait cinquante sept ans que tu lui fais tout foirer, que ce soit avec le boulot, avec la santé, avec le fric, avec la chance, avec la famille, avec l’amour… Même avec l’amitié tu te débrouilles vachement bien pour que ça foire. Ça fait 57 ans que dès que je crois que je vais arriver à quelque chose de bien, dès que je crois que j’aurai enfin droit quelques instants à un peu d’air et de lumière, que je vais réussir quelque chose, sur le plan professionnel, sur le plan artistique, sur le plan littéraire, sur le plan relationnel, hop, tu me casses tout, tu me fous en l’air ! Pourtant je ne t’ai jamais demandé grand-chose dans mes lettres… Juste ce que presque tous ce les autres connaissent ou ont connu la plupart du temps : un peu de bonheur. Mais jamais tu ne m’en as apporté, sale con ! J’ai été pourtant tout ce que tu m’as demandé d’être : gentil, honnête, sincère… J’ai bossé 40 ans sérieusement, j’ai fait en sorte de ne jamais empoisonner la vie de qui que ce soit, j’ai même aujourd’hui choisi la solitude pour que personne ne puisse me reprocher de lui pomper l’air. Que dalle, tu n’en as jamais tenu compte. Tu n’as jamais pu me blairer, Père Noël ! Résultat : je regarde derrière-moi, un fatras de soucis et de ruines ; je regarde devant moi, rien, rien qu’une plaine triste et grise d’une absence d’avenir. Je me regarde aujourd’hui : un pauvre type isolé dans une petite ville de province, dans un 2 pièces minable, au chômage avec 4500 balles par mois ! Tu trouves ça bien toi, Père Noël ? Hein ? Et pourquoi tu ne m’as pas laissé me barrer quand j’en ai eu la force, il y a 2 ans ? Hein ? Pourquoi tu m’as fait cette vacherie de plus ? Alors je t’en supplie Père Noël, fous-moi la paix, tu veux, fous-moi la paix ! Occupe-toi des autres, de ceux que j’aime bien, occupe-toi bien de ***, ne lui fais pas subir les mêmes méchancetés que celles dont tu m'accables depuis si longtemps, occupe-toi bien de *** et de *** et de tout le monde, donne leur tout le bonheur qu’il te reste dans ta hotte, du vrai bonheur pas frelaté! Mais fous moi la paix, Père Noël, fiche le camp de mes espoirs Tu n’as pas ta place chez moi à Noël. Barre-toi avec tes colifichets de merde, pauvre con ! Je préfère rester seul, tout seul… |


