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épisodes de l'histoire de l'informatique |
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Lorsque j’ai commencé à travailler en 1963, dans une agence bancaire, j’ai côtoyé des machines bruyantes à larges claviers, encombrantes et laides sur lesquelles pianotaient à longueur de journée d’étranges dactylographes. C’était la première fois que je voyais fonctionner des machines mécanographiques, appelées tabulatrices, utilisées pour la tenue des comptes de la clientèle et la comptabilité. Quelques années plus tard, lorsque je devins programmeur sur ce que l’on appelait des « ordinateurs de bureau », j’appris que la société Logabax dans laquelle j’étais entré était très connue pour sa production de tabulatrices, dont une célèbre «200 compteurs». La mécanographie regroupe différentes techniques mécaniques ou électromécaniques qui permettent le traitement des informations. À la différence des machines à calculer, destinées uniquement à automatiser des calculs arithmétiques, tels que les calculateurs mécaniques décrits dans les chapitres précédents, les machines comptables que sont les tabulatrices établissement de documents préparatoires et la tenue des écritures de comptabilité. Il faut attendre la généralisation des ordinateurs et des micro-ordinateurs pour que les tabulatrices disparaissent, vers les années 1970-80.
Hermann Hollerith naît en 1860. Il est le fils d’immigrants Allemands, qui se sont installés aux Etats-Unis en 1848. Ses études lui permettent d’obtenir son diplôme d’ingénieur des Mines en 1879, à l’âge de 19 ans et il entre au Bureau de Recensement en 1880. Il consacre l’année 1882 à l’étude des machines mécaniques à l’institut de technologie du Massachusetts.
L’efficacité du système est telle qu’en 1890, grâce à une centaine de machines, les premiers résultats du comptage sont publiés six semaines après le début de l’opération. Mieux, les résultats définitifs du recensement sont publiés seulement deux ans et demi plus tard, soit trois fois plus rapidement que le recensement précédent ! Les machines de Hollerith seront utilisées ultérieurement d’autres recensements au Canada, en Norvège, en Italie et en Russie. Hollewith est largement honoré pour son invention. Il reçoit même une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris.
Business is business ! Hermann Hollerith décide de développer industriellement ses machines mécanographiques et de les commercialiser pour d’autres utilisations que le recensement. Il crée en 1896 la Tabulating Machine Company (TMC) qui compte bientôt plus d'une centaine de clients aux USA., équipés avec des machines mécanographiques sur lesquelles Hollerith développe de nouveaux automatismes. Business is toujours business ! TMC fusionne en
Mais Herman Hollerith, considéré comme le père de la mécanographie, s’est retiré de la CTR Co en 1921, trois ans avant la naissance d’IBM. Il meurt en 1929. |
Commentaires
Ils ont déjà lu avec intérêt les épisodes précédents.
Moi, je suis un peu paresseuse de ce côté là, mais le jour où j'en aurai envie, je l'ai à portée de main, et je me plonge dedans.
Amitiés
Amitiés
dans ma vie professionnelle, je peux vous dire qu'en 1993, pour tenir les listes électorales, on utilisait encore des fiches perforées du type de celles que vous nous avez décrites, retenues par des espèces de longues aiguilles à tricoter... L'année de mon arrivée, la tenue des listes s'informatisa, et, de bugs en bugs, l'élection du Maire faillit bien être annulée.
Pour faire bref, le programme informatique n'avait pas capté qu'un électeur pouvait partir et revenir dans une commune la même année.
Il fallut, jusqu'au milieu de la nuit et à la main, chercher dans les listes (il y avait 30 000 électeurs dans la commune !) les cas suspects. Sur les 6 cas, un seul était susceptible d'avoir voté deux fois, ayant émargé. Il s'agissait du curé de la paroisse, muté en Martinique pour 8 mois, inscrit là-bas et ici à la fois. Le Maire a alors téléphoné à Air france et aux autres compagnies aériennes, pour confirmer qu'il était matériellement impossible de voter dans la même journée en Métropole et en Martinique, décalage horaire à l'appui. C'est à cette condition que le Préfet a quand même validé l'élection !
Vers quatre heures du matin, le service entier des élections, sur le pied de guerre depuis des heures, a poussé un "ouf" de soulagement. (j'ai maudit l'informatique, les programmeurs et tout le toutim, je vous prie de le croire ! c'est moi qu'était revenu l'honneur d'aller annoncer la nouvelle au Maire, vers dix-sept heures, et quand vous êtes responsable du service des élections, vous montez très lentement l'escalier pour aller dire à votre élu que son élection risque d'être invalidée par le Préfet parce qu'il y a eu une couille dans le potage informatique. D'autant que la boîte informatique qui nous avait vendu le logiciel était bien évidememnt à la fois parisienne et fermée le dimanche !!)
Et pendant ce temps-là, dans son coin, la vieille Mademoiselle L., qui avait tenu la liste toute sa vie avec ses aiguilles à tricoter, sans aucune maille filée !, et que je remplaçais, souriait doucement...
Clopine
Avez-vous quelques souvenirs du matériel Logabax, notamment la "200 compteurs" dont vous parlez, etc ...
Auriez-vous des photos par hasard ?
Merci


La première machine mécanographique date de 1884. Elle est basée sur l’utilisation de cartes perforées et, pour la première fois, d’un système de commande par circuit électrique. À cette époque, les États-unis d’Amérique procèdent tous les dix ans à un recensement de la population, ce qui, devient de plus en plus lourd à traiter avec l’accroissement démographique. Un concours est alors lancé afin de trouver le meilleur système de comptage pour le recensement de 1890. C’est Hermann Hollerith qui propose le système le plus performant parmi les compétiteurs, évidemment adopté par le gouvernement.
La machine qu’il construit en 1884 est tout à fait novatrice. Hollerith s’inspire du système des cartons perforés du Français Jacquard et, dit-on, de la méthode de poinçonner les tickets dans les chemins de fer. Il conçoit une carte en bristol d’environ 14x7 cm qui comporte les cases à cocher pour un individu recensé, en fonction de son profil. La perforation de ces cartes est assurée par une poinçonneuse, un autre système permet leur lecture et leur décodage grâce à des contacteurs électriques à mercure, enfin la troisième partie de ce matériel est composée d’une trieuse actionnée par un électro-aimant qui ouvre la case dans laquelle l’opérateur doit déposer la carte triée.

1911 avec CSC, une entreprise de fabrication de balances de magasin, et ITRC qui produit des pointeuses d'employés. A sa tête, Thomas Watson transforme cette nouvelle entité en une gigantesque société industrielle, la Computing Tabulating-Recording Company, CTR Co, qu’il renomme en 1924, International Business Machines, ou IBM.
Je crois qu’il n’est pas nécessaire ici d’insister sur ce nom si célèbre dans l’informatique. J’y reviendrai dans un prochain chapitre. 