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épisodes de l'histoire de l'informatique |
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Les calculateurs mécaniques atteignent à la fin du XIXe siècle le stade de la production industrielle. Ils pénètrent chaque jour davantage dans les domaines commerciaux et administratifs des entreprises où ils sont désormais indispensables, au même titre que la machine à écrire, le téléphone, le télégraphe et toute cette invasion d'appareils mécaniques et électriques qui ont progressivement transformé le gratte-papier en homo roboticus. Cependant ces matériels, toujours basés sur les principes des machines de Pascal et de Leibniz, ne traitent que les opérations arithmétiques. Il faut une autre conception dans le traitement des données pour dépasser les limites des quatre opérations de base. Ce sont deux mathématiciens Anglais qui s'y collent, au début du XIXe siècle : Charles Babbage, le fils d'un banquier et Ada Lovelace, la fille de... Byron ! Ce sont les deux grands précurseurs de l'informatique d'aujourd'hui, je leur consacrerai les prochains chapitres. Le clavier réduit C'est en 1884 qu'apparaît le premier clavier à nombre de touches réduites, sur la machine de Mayer, suivie de la machine de Runge en 1896 et de la « standard » de Hopkins en 1901. Mais la disposition du clavier à 10 touches (de 0 à 9) ne correspond pas encore à celle que l'on connaît de nos jours.
L'imprimante En 1870/1872, E.D. Barbour, aux Etats-Unis, conçoit le prototype du « Multiplier » qui permet l'impression de résultats à partir de l'encrage de son système basé sur le principe des bâtons de Neper. La concurrence qui existe entre les calculateurs de Felt et Burroughs (voir chapitre précédent) existe aussi pour la réalisation d'un système capable d'imprimer les résultats. William Seward Burroughs est le premier à commercialiser une machine munie d'un dispositif d'impression, en 1888. Le manque de fiabilité l'oblige cependant à emprunter certaines fonctions du « comptomètre » de Felt, qui lui-même créé en 1889 son « comptographe » à imprimante. En 1902, James Dalton propose une machine munie à la fois d'un système d'impression et d?un clavier réduit à 10 touches.
Léon Bollée Dans le cadre de cette courte histoire de l'informatique, et malgré les autres modèles qui purent être développés au cours du XIXe et du XXe siècle, il est temps d'en terminer avec l'aventure des calculateurs mécaniques, supplantés progressivement par les machines mécanographiques puis informatiques. Le calculateur de Léon Bollée, par son ingéniosité, semble tout indiqué pour conclure cette partie. Léon Bollée est le fils du célèbre (enfin pour ceux qui s'intéressent aussi à l'histoire de l'automobile) Amédée Bollée Comme Blaise Pascal, Léon Bollée conçoit sa calculatrice à 18 ans, en 1888, pour aider son ingénieux industriel de père dans son travail, qui n'avait heureusement rien à voir avec celui de «commissaire député par sa Majesté en la Haute-Normandie pour la levée des taxes et des impôts» d'Etienne Pascal !
Pour en revenir à la machine à calculer de Léon Bollée, celle-ci est la première réalisation exploitable d'une machine qui autorise les multiplications directement, sans procéder par une succession d'additions, comme les calculateurs jusque là issus des machines inventées par Pascal et Leibniz. Innovante, elle utilise le principe de la table de Pythagore, qu'elle reproduit en trois dimensions à l'aide de plaques métalliques qui comportent des tiges de longueur proportionnelle aux chiffres qu'elles représentent. Avec ce système, assisté de différentes pièces qui en constituent le complexe mécanisme (crémaillère, palpeurs, chariots, afficheurs, etc.), il ne suffit plus que d'un tour de manivelle pour afficher le résultat d?une multiplication, alors qu'il en faut autant que le nombre multiplicateur sur les autres systèmes. Elle permet d'effectuer des multiplications de nombres jusqu'à 20 chiffres et d'extraire des racines carrées. Le principe du calculateur de Léon Bollée est repris par d'autres constructeurs. La « Milionaire » de l'Allemand Otto Steiger, basée sur ce principe, développée à partir de 1892, sera produite jusqu'en 1935.
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Bien entendu, des améliorations sont apportées en permanence aux machines produites et commercialisées, qui les rendent de plus en plus fonctionnelles. Les claviers se simplifient, des systèmes d?impression des opérations sont développés, etc. Mais le progrès le plus important est l'introduction vers 1890 de l'électricité dans le fonctionnement des machines, qui permet la réalisation de systèmes électromécaniques et le développement de la mécanographie. 

(1844 - 1917), un fondeur de cloches Sarthois réputé, mais également un pionnier de l'automobile, ce véhicule tant aimé jadis et tant décrié aujourd'hui. Amédée Bollée conçoit en 1873 « l'Obéissante », une sorte de calèche mue par un moteur à vapeur, avec laquelle en 1875 il rallie Le Mans à Paris en 18 heures et 75 contraventions. Après ce prototype, il présente un nouveau modèle à l'exposition universelle de 1878, baptisé «La Mancelle», qu'il produit au Mans et commercialise avec succès à partir de 1880, carrossé en calèche ou en chaise de poste, dans de nouveaux ateliers employant 50 ouvriers.
Léon, né au Mans en 1870, est le frère cadet d'Amédée Bollée fils. Les deux frangins deviennent très tôt des concepteurs et des industriels de l'automobile. Il faudrait sortir du sujet, l'histoire de l'informatique je le rappelle, pour narrer l'aventure de la dynastie Bollée ! Disons rapidement qu'Amédée Bollée fils invente plusieurs moteurs à explosion et dépose de nombreux brevets, conçoit différents modèles d'automobiles, dont la première à l'âge de 18 ans, que ces industriels touche-à-tout développent des mitrailleuses, des machines hydrauliques, des éoliennes, une bicyclette acatène, participent à l'essor de l'aviation, etc. Amédée fils participe également à des courses automobiles (Paris - Bordeaux - Paris en 1895, Paris - Marseille - Paris en 1896, etc.)
Léon Bollée lui-même conçoit en 1896 le célèbre tricycle, une voiturette à pétrole avec laquelle il est le premier à passer les 60 km/h en moins d'une minute et rejoint Le Mans à Paris en 7 heures à une moyenne de 30 km/h. Ce tricycle que Léon surnomme « Le torpilleur de la route » obtient un grand succès et est produit dans les ateliers au Mans. La firme Léon-Bollée fondée en 1895 reste en activité jusqu'en 1933. Léon meurt à Neuilly en 1913, son frère né en 1872 s'éteint en 1926.

