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J'avais déjà écrit et publié ce petit truc en 2003. Mais il était tellement prémonitoire de ce qui se passe aujourd'hui dans ce pays - de plus en plus obnubilé par l'hygiénisme et le "sécuritarisme" - qui ne sait pas quoi faire pour ressembler aux "States", même dans ce qu'ils font de pire, que j'ai envie de le replacer de nouveau. |
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- Allez, on reprend ! - Encore ! - C’est comme ça! Donc, tu pénètres dans le bureau de Poste ! Quelle heure ? - Je vous l’ai déjà dit, vers 11 heures. - Combien de personnes dans le bureau ? - Je ne sais pas, moi, 20 ou 30. Je n’ai pas compté ! - Personne ne t’a remarqué ? - Non. Ah si, un type m’a souri, là, juste devant moi… - S’il avait su ! - Et c’est alors qu’ils ont fait irruption dans le bureau de Poste. Z’étaient 3. Oui, 3, c’est ça… Cagoulés, armés, tout, quoi… - Tout quoi ? - Ben je veux dire, c’était sûr. Z’étaient là pour un hold-up ! - Ouais, ça, c’est ton opinion, hein ? Parlons plutôt de toi… - Ben, j’ai reculé, je n’avais pas envie de me prendre une bastos dans le buffet… - Une bastos… T’as le mot pour rire ! - Pas fait exprès, monsieur le divisionnaire. Pas fait exprès… - Ouais, alors, t’as reculé, tu t’es adossé à une paroi. - Oui. Et ils se sont précipités sur le guichet, ils ont hurlé « La caisse ». Un employé a obtempéré, il a ouvert le coffre, leur a donné les billets, et ils se sont barrés. - Et après ? - Ben, vous êtes arrivés. - Et oui ! Juste à temps ! - Ils étaient partis, quand même ! - Dis donc, toi, ça commence à bien faire, hein ? Tu n’arrêtes pas de nous embrouiller avec ton histoire de hold-up ! - Ils sont partis tranquilles, non ? - Mon gars, toi, t’es pas prêt de partir tranquille ! Je reprends. Qu’est-ce qu’on a trouvé dans tes poches ? - Ben… Mes clefs, mes papiers, mon porte-monnaie… Et, et… - Allez, allez, accouche… - Du tabac ! Un paquet de tabac… - Nous y voilà ! Et qu’est ce que tu avais dans la main ? - Bon, d’accord, j’avoue… ma bouffarde ! - On y est ! Monsieur pénètre avec sa pipe dans un bureau de Poste ! Et le voilà qui ose accuser des clients en cagoule juste un peu pressés ! - Mon cas est si grave ? - T’es foutu, mon vieux ! C’est la taule, le pilori, la centrale ! T’es un délinquant ! Un bandit ! Une canaille ! C’est pour ça qu’on s’est radiné ! Une postière nous a appelés ! Elle avait aperçu ta pipe ! Ouais, elle a bien fait ! T’es un danger pour la société ! T’es un danger public ! Des mecs comme toi, faut les occire ! - ben, et les braqueurs ! - Ceux-là, ils n’ont mis personne en danger… Ils ne fumaient pas, eux… Bon, allez, tu signes là et t’enlèves tes lacets ! - Et ma dernière cigarette ? - Tu rigoles ou je te passe à tabac ? |


