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Mardi 24 octobre 2006

Certains l'auront remarqué, je ne parle plus de Niort depuis plusieurs mois. La raison est  que je ne suis plus réellement dans cette ville, désormais. Oh, bien sûr, j'y habite, j'y vis, je fais deux ou trois fois par semaine mes courses au supermarché le plus proche, je bois lorsque le temps le permet mon café en terrasse, face aux halles. J'y fume ma bouffarde, tant que c'est encore autorisé, j'y lis le quotidien régional avec son lot de petites nouvelles, de comptes-rendus de procès, d'informations locales... Mais c'est tout. Je ne suis plus Niortais.

Le Parigot va bientôt plier ses gaules et quitter la ville. Au printemps, je pense.

Mais pourquoi? Niort est belle, elle est chargée d'histoire, j'ai eu l'occasion de le dire et de le montrer ici même. Oui, c'est vrai, mais je ne me sens pas du tout en phase avec la politique qui y est menée. Je ne parle pas de la politique «politicienne», de celle des partis, ça je m'en fiche totalement, mais de la politique locale. Très rapidement dit, je regrette la transformation en cours de la ville ainsi que les choix sociaux et culturels de la municipalité. Par exemple, j'aimerais mieux que l'on soigne davantage son patrimoine que de laisser le béton envahir la commune. Je préfèrerais voir financer d'autres manifestations musicales que celles d'un festival de hip-hop. J'aurais préféré que l'on conserve l'Olympia pour y organiser les spectacles populaires (hors du cinoche qui va avoir droit à son «complexe» hyper-top place de la Brèche) que le Centre d'Action Culturel à tendance un chouïa élitiste n'offre pas, plutôt que d'abandonner la salle aux promoteurs immobiliers. J'aurais souhaité que les impôts locaux dépensés pour acheter un écran géant lors de la finale de football ou un «bac à sable» éphémère pour quelques joueurs de beach-volley (un Paris-plagié ?) aient servi plutôt à financer un festival Henri Georges Clouzot, ce Niortais dont on célèbrera (peut-être ?) le centenaire en 2007. Mais il est vrai que l'auteur des Diaboliques, du Corbeau, etc. est beaucoup moins connu qu'Ernest Pérochon, la gloire locale la plus vénérée. Et d'autres choses encore...

Alors je pars bientôt de Niort. Où ? Plus au Nord, la Normandie, probablement. Mais rien n'est fait encore. En tout cas, je choisirai un lieu tranquille, qui ressemble le moins possible à ce que tend à devenir Niort sous l'impulsion de ses édiles : une de ces «banlieusarderies» que j'ai quittées sans regret en partant de la région parisienne.

On me dira que je suis injuste, que la ville favorise la jeunesse, qu'elle est «la ville de tous les sports» et qu'elle vit avec son temps (pour reprendre les mots du maire). Oui mais voilà, je ne suis plus jeune (donc corrélativement je suis défavorisé à Niort), je n'aime pas le sport et j'ai envie d'une ville qui assume son âge par l'embellissement et la mise en valeur de son patrimoine (rues, monuments, maisons anciennes), qui ne tente pas de se donner un look branché à grandes et onéreuses pelletées de béton pour construire un complexe cinématographique, des ronds-points avec fontaines contemporaines d'un mauvais goût très sûr, des parkings souterrains, un centre administratif dont je me serais bien passé !

J'ai tout faux à Niort, alors je m'en vais.

par Christian Goubet publié dans : lieux dits et médits

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