|
En Argentine, l’un des 47 quartiers de Buenos Aires porte le nom d’un Niortais de naissance, Liniers. Dans un autre quartier populaire de la capitale argentine, le Mercado de Liniers est le plus grand marché aux bovins du monde et une gare de chemin de fer de la ville porte également le nom du Niortais.
Ici, à Niort, un socle de pierre de deux mètres environ, érigé en 1910, porte le buste en bronze de Jacques de Liniers. La statue se tapit dans un renfoncement, à l’angle de deux rues. Je n’ai pas fait d’enquête, mais il est probable que beaucoup d’habitants de Niort ignorent qu’un de leurs aïeux fut un héroïque et populaire vice-roi de Buenos Aires pour la couronne espagnole. Et, sauf erreur, je ne me souviens pas qu’il y ait eu ici quoi que ce soit de fait en 2003 pour le 250e anniversaire de sa naissance. Dommage, l’occasion était bonne pour évoquer des événements historiques trop ignorés.
Ceux qui ont lu dans mon blog certains de mes billets se sont déjà aperçu que la ville de Niort ne s’activait guère pour mettre en valeur son patrimoine historique et culturel. Personnellement, j’oserai même dire que la culture est le cadet de ses soucis ! Ses édiles sont davantage occupés à patouiller dans la politique, à tergiverser sur la construction ou non d’un nouveau stade pour leur chère, très chère équipe de football, ou à savoir quelle trace la plus visible possible ils pourront laisser dans la ville de leur passage, quitte à araser le passé ou le laisser en friches. Mais il est vrai que le football, ça peut rapporter des voix aux élections ! Cela dit, je me fous complètement de quel tendance est une municipalité, j’ai grâce à mon indépendance d’esprit des ennemis de tous bords et j’ai rompu avec la politique il y a plus de trente ans… Je regrette seulement qu’à tous les niveaux de la Nation et dans tous les partis les élus passent tant de temps en stratégies de conquête ou de maintien au pouvoir et si peu en actions culturelles véritables !
Pour revenir à Jacques de Liniers, voici une biographie rapide du Niortais célèbre en Amérique du Sud et méconnu chez lui.
Il naît à Niort en 1753, reçoit une formation militaire et navale à l’Ordre de Malte et à Cadix. De 1776 à 1792, il participe glorieusement pour l’Espagne et ses colonies en Amérique du Sud à de nombreux combats en mer contre les Anglais. En 1788 il est nommé commandant de la garnison de Rio de la Plata, en 1792 gouverneur des missions, en 1794 commandant en chef de la Marine à Buenos Aires. En 1806, le général anglais Beresford, à la tête de 1500 hommes, s’empare de Buenos Aires. Levées par Jacques de Liniers, les troupes légalistes espagnoles repoussent les Anglais et forcent Beresford à capituler. Acclamé par le peuple, le Français est nommé gouverneur politique et militaire de la ville. En 1807, le roi d’Espagne nomme Jacques de Liniers Vice Roi, Gouverneur et Capitaine Général du Rio de la Plata. Mais, malgré son opposition à Joseph Bonaparte dont il réfute l’autorité sur le trône espagnol, les origines françaises de Liniers le font soupçonner de vouloir annexer le Rio de la Plata à la France. Il est destitué. En 1810, il est débordé par les soulèvements indépendantistes, arrêté et exécuté par le nouveau gouvernement révolutionnaire. Ses cendres reposent aujourd’hui au Panthéon de Cadix.
Je regarderai un de ces jours si sa biographie par Paul Groussac, écrivain et historien Toulousain, est disponible à la médiathèque de Niort… Elle date de 1907, et parut à Buenos Aires sous le titre Santiago de Liniers, Conde de Buenos Aires, 1753-1810. J'ignore s’il existe une biographie plus récente.
|