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Lundi 10 avril 2006

Sur le mur en décrépitude, dans la galerie commerciale qui porte son nom, à Niort, Victor Hugo s'emmerde ce dimanche matin, au milieu des boutiques fermées et des passants absents.

Niort, le 9/4/2006 vers 10h00

 

Le vieillard chaque jour dans plus d'ombre s'éveille


Le vieillard chaque jour dans plus d'ombre s'éveille ;
A chaque aube il est mort un peu plus que la veille.
La vie humaine, ce noeud vil,
Se défait lentement, rongé par l'âme ailée ;
Le sombre oiseau lié veut prendre sa volée
Et casse chaque jour un fil.

Ô front blanc qu'envahit la grande nuit tombante,
Meurs ! tour à tour ta voix, ta force succombante,
Ton oeil où décroît l'horizon
S'éteignent - ce sera mon destin et le vôtre -
Comme on voit se fermer le soir l'une après l'autre
Les fenêtres d'une maison.
 

Victor Hugo
1878.

(recueil  Toute la lyre)
 

 

par Christian Goubet publié dans : poétique

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