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Vendredi 28 avril 2006

Quand l'automobile apportait plus de plaisir que de tracas, plus de liberté que de contraintes. Quand il était encore possible de rouler.

II - La Celtaquatre

La seconde automobile qui entra dans la famille en 1950 ou 1951 fut une Citroën, une C4, d’avant-guerre également. Mais elle fonctionnait si mal que mon père ne la garda que quinze jours et je n’en ai gardé aucun souvenir.

Elle fut remplacée illico par une Renault Celtaquatre, sorte de concurrente à la traction Citroën, des années 1934/35. Si mes souvenirs sont bons, elle était de couleur olive. Ce fut la première voiture des promenades du week-end et des congés payés. Elle remplissait bravement sa tâche sur les routes de Normandie et du Nord, elle était capable de nous mener à la mer de sable ou dans la forêt de Fontainebleau, elle transportait plus facilement le chien et les sacs du pique-nique que la microscopique Rosengart.

Ce fut elle qui nous mena en Bretagne pour les vacances de 1951. Le départ était prévu pour le matin très tôt, mais comme toujours nous partions plus tôt encore. Tout le barda de camping fut chargé. Ce n’était pas une mince affaire, la vaste tente provenait d’un surplus de l’armée américaine. Et il fallait bien transporter les biberons et autres langes du plus petit des trois enfants. Il n’avait pas encore six mois, le jeune frère et il avait la coqueluche. Bon, passons, c’était juste pour présenter ce qui suit.

Nous quittâmes Colombes dans la nuit, direction Coutainville, les trois enfants à l’arrière, ma mère avec le chien à ses pieds. Franchement, nous devions dormir sur la banquette surchargée de couvertures quand la voiture stoppa à un passage à niveau fermé, quelque part dans la campagne, sur une route totalement déserte. Mais l’anecdote fut tellement de fois racontée qu’il me semble aujourd’hui l’avoir constatée « de visu ». Mon père attendit un peu. Un train arrivait peut-être. En effet, le bruit d’une locomotive à vapeur se faisait entendre. Elle était bien lente, cette locomotive, pensait mon père, fatigué probablement par le trajet de nuit sur les routes étroites de cette époque. Mais tout de même au bout de cinq minutes il s’inquiéta. C’est alors que ma mère lui dit d’écouter mieux, malgré le grondement du moteur.
Le bruit de locomotive, c’était en fait le halètement du chien ! Un petit coup de klaxon et une brave garde-barrière vint aussitôt actionner la manivelle.

Il faisait jour quand nous arrivâmes à Coutainville et que la tente fut montée dans un champ, près d’un lavoir où s’affairaient des lavandières autochtones un peu surprises.

Mais ceci est une autre histoire.

Je ne dispose pas actuellement des photographies personnelles de la Celtaquatre. En attendant, les illustrations sont réalisées à partir de documents empruntés sur le net.

Je les retire sur simple demande de l'auteur.

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