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Il y a deux ans j’avais décidé de quitter Niort, pour les raisons déjà
dites ici.
Depuis, je guettais l’occasion, je la cherchais sans excès de hâte avec l’espoir de trouver lieu et demeure qui correspondraient au mieux à mes désirs d’ermitage, exacerbés ces derniers
mois par des déceptions personnelles. Elle est enfin venue. Ce ne sera donc pas la Normandie initialement envisagée, ni bien entendu les îles Hébrides dont je rêvais et qui malheureusement
me posaient des problèmes de tout ordre quasi insurmontables, mais j’habiterai tout de même près de la mer, qu’il me faisait tant envie de retrouver. Je demeurerai à quelques minutes de
l'océan et son horizon bleu à partir de la mi-octobre.
Je vais pouvoir tout à loisir vivre pleinement avec Solitude, qui m’est décidément d’une fidélité indéfectible,
le plus à l’écart possible d’une époque qui n’est pas la mienne, où tout ce qui s’y passe et s’y décide va à l’encontre de ce que je souhaite, de ce que j’aime. Misanthrope ? Il le faut
bien, c’est mon seul remède pour survivre dans cette société, cette civilisation et ce régime nécrosés où étouffe ma sacro-sainte liberté
individuelle, puisque les gadgets qu’inventent chaque jour les progrès technologiques et qui comme des placebos m’ont leurré si longtemps sont pour moi devenus
inefficaces.
Evidemment, la préparation de mon déménagement, les démarches diverses, variées, pénibles, coûteuses et obligatoires prévalent sur toute autre activité, il ne m’est donc guère possible d’avoir l’esprit assez libre pour m’occuper du blog, d’écrire ou
même de lire ces jours-ci. Mes petits papiers sur Gérard de Nerval attendront donc encore. D’ailleurs il n’y a rien d’urgent à écrire (d’abord pour moi-même, la publication sur Internet
n’étant prévue que pour combattre mon immense « fainéanture ») sur un Romantique bicentenaire dont il semble bien que tout le monde se fout aujourd’hui, tant la poésie a disparu du monde
(et l’avenir avec elle, il ne reste de vivant sur la planète que la panique des naufrages et la valse des combinaisons de survie). Peut-être même Nerval est-il totalement inconnu de ce
soi-disant ministère de la culture (en potiches ?).
Quant aux Cahiers éGotistes, je ne sais ce qu’ils vont devenir. Démotivé, je ne m’y exprimais presque plus ces
derniers mois, mais là, je me demande s’il repartira. Peut-être ouvrirai-je un autre blog, une fois dans ma nouvelle habitation ? Surtout que je ne parlerai plus de Niort qui était une
des raisons de l’existence des « Cahiers d’un Parigot à Niort » et qu’il vaut peut-être mieux les refermer comme un album de souvenirs destiné à la poussière et
l’oubli.
En attendant, sur celui-ci ou sur un autre blog auquel je donnerai une autre tournure, je me contenterai
peut-être de quelques petites réflexions, des miscellanées de pensées sur tout et n’importe quoi (sur le n’importe quoi, c’est facile, il suffit de regarder autour de soi comment le monde
est conduit et se conduit). Mais seulement si j’ai assez de mauvais esprit pour en commettre !
Ah oui, pour ceux que cela peut intéresser, je m’exile 150 km plus à l’Ouest, à quelques minutes du passage du
Gois qui mène à l’île de Noirmoutier. A deux pas de l’océan donc. Je n’y connais personne à des dizaines de kilomètres à la ronde, et j’habiterai dans une maison récente et tranquille,
suffisamment vaste et douillette pour un Parigot ermite malheureusement trop habitué au « confort moderne » pour s’en passer (n’est pas
Diogène qui veut), au milieu d’un petit jardin exclusivement herbu (il serait exagéré de l’appeler une pelouse), dans un presque cul-de-sac au bout d’un village de moins de 1700
habitants. C’est impeccable, l’unique café-journaux-et surtout tabac n’est qu’à quelques minutes à pied, les magasins d’alimentation sont proches
aussi.
Voilà, c’était ce dont j’avais envie, même si je ne vois pas la mer immédiatement à l’horizon. Mais n’est pas
Victor Hugo qui veut non plus, et il n’y avait pas de villa sur un rocher en surplomb de la mer disponible pour moi à Guernesey !
Niort, le 28 juillet 2008
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